"C'était un fin de journée estivale
qui donnait l'impression d'écraser de minces cloisons invisibles, une
de ces journées qui restent attachées au sentiment de ne plus savoir
qui l'on est. Le sentiment d'être étranger à tout y compris à soi-même.
Une de ces journées opaques et vides à la fois, sans histoire possible,
qui s'enroulent autour du manque ou de l'absence de quelque chose ou de
quelqu'un, qu'on ne peut jamais préciser. Un petit squelette d'heures
et d'instants dont la banalité même finit par nourrir l'inquiétude, le
chagrin aussi, de personnes identiques, anonymes, déchirées."
Frédéric Boyer in Mauvais vivant, éd P.O.L, 2003.
