Ce matin, en rangeant son bureau, elle est tombée sur deux "poêmes" qu'elle avait écrits en avril '92.
L'un avec les lettres du mot "angoisse", le second avec "éternité"
Elle allait avoir 20 ans
Amantes éternelles de la nuit
Néants civilisationnels
Géants envahisseurs
Ombres fraternelles
Impossibilité de vivres sans elles
Stabilisatrices des indifférences sociétales
Saupoudrent notre existence de lumières noires
Et rouges...
Sachez les aimer, elles sont Vie.
Elans amoureux
Tendresse infinie
Ebats passionnels
Rage de vivre
Ne riment jamais avec elle
Irréalité réelle, éphémère éternité
Tout lui est voué
Et seules quelques étoiles effleurent son linceul, parfois s'y allongent et s'y laissent mourir.
Elle sourit, émue de tant de maladresse.
Elle sourit heureuse de ne plus devoir jamais avoir 20 ans.
