L'attente fut interminable et parallèle.
Jules avait réussi à peupler son attente de cafés, de gâteaux, de crêpes, de trompettes silencieuses et de quelques vols photographiques.
Il s'était installé dans cette petite parenthèse et s'y sentait plutôt bien.
De son côté, Jeanne avait laissé l'attente, littéralement, la vider.
Vidée de tout espoir, vidée de mots, vidée d'idées ou de toutes autres pensées naissantes.
Elle ne se sentait plus capable de joies, plus capable de douleurs.
Extinction de ressentir.
Ils avaient été contraints, lors de leurs retrouvailles, de transvaser, avec une urgence affichée, un peu du plein de Jules dans le vide de Jeanne rétablissant aussitôt un équilibre de secours.
Un greffon fragile à gauche de son âme.
