Il avait en lui une solitude étrange.
Pas une solitude de souvenirs ou de souffrances, non plutôt un détachement suprême.
L'ivresse du vide, une faculté de prolonger ce moment très bref où l'on ne dort pas encore mais où le sommeil vous gagne, cet instant où l'esprit s'avoue vaincu et accepte de se mettre en veille, cette minuscule seconde de paix intérieure où, dans un léger soupir, on murmure à ses tourments "A demain"...
Jules avait dû un jour trouver la clef de ce lieu unique.
Par hasard sans doute.
Ses voyages, dans ce pays de "rien" étaient fréquents.
La durée de ses séjours variables.
